dimanche 1 octobre 2017

Top 20 des animaux les plus badass - Partie 1

En biologie et en écologie, un être vivant est un système vivant complexe, organisé et qui a subi une succession de variations (anatomiques, morphologiques, génétiques…) au cours de l’évolution. Il peut être constitué d’une ou plusieurs cellules vivantes qui sont la base du fonctionnement de l’organisme. Auparavant, la classification divisait le monde vivant en deux grands règnes : animal et végétal. Mais, où placer les champignons ? Les procaryotes ? …             
Actuellement, la classification distingue trois règnes :   
-les Archées : ce sont des êtres procaryotes qui vivent dans des milieux extrêmes (dans la glace, au fond d’un océan près des sources chaudes...). Phylogénétiquement, ils sont plus proches des Eucaryotes que des Eubactéries !            
-les Eubactéries : ce sont aussi des organismes procaryotes. La membrane plasmique est doublée d’une paroi à la fois protéique, lipidique et polysaccharidique*. Leur génome est constitué d’un unique chromosome circulaire, sans histones* et pourvu de plasmides (ce sont des molécules d’ADN qui se répliquent de façon autonome et qui sont composés de gènes de résistance aux antibiotiques). Il existe plein d’autres caractères propres aux Eubactéries mais là n’est pas le sujet.           
-les Eucaryotes : ce sont des organismes dont les cellules présentent un noyau et de nombreux autres organites intracellulaires (mitochondries pour la respiration métabolique, chloroplastes pour la photosynthèse, …) et qui ne possèdent pas d’ADN circulaire. C’est ce règne qui nous intéresse dans cet article et dans lequel se trouvent notamment la lignée verte (la majorité des végétaux, c’est-à-dire les êtres présentant des chloroplastes), les Eumycètes (ce sont les champignons) et, bien sûr, les Métazoaires (couramment appelés animaux) !   
Un animal est un organisme pluricellulaire dont les cellules ne possèdent pas de paroi (contrairement aux végétaux). Il est à la fois eucaryote, hétérotrophe* et capable de mouvements. Voilà les caractères principaux d’un chien, d’une méduse, d’un criquet, d’un concombre des mers ou bien d’un rouge-gorge !
Et ce que j’ai envie de vous présenter dans cet article (puis le suivant) est la liste de 20 animaux que je trouve particulièrement badass (comprenez : atypiques et puissants. A ne pas confondre bien sûr avec la badasse : une plante de nos régions appartenant à la famille des Fabacées !).            
Evidemment, cette liste d’animaux est totalement non exhaustive ! Je vais l’élaborer de l’animal le moins badass au plus badass !

20) Le casoar à casque (Casuarius casuarius)    
Classe : Aves (=Oiseau)
Ordre : Casuariiforme   
Famille : Casuariidé        
Aaah qui n’a jamais entendu parler du casoar ! Cette espèce d’oiseau indonésienne, qui ressemble étrangement à un vélociraptor, est l’une des espèces d’Aves la plus dangereuse du monde. En effet, son 1,80 m, sa tête fort colorée de bleu et de rouge ainsi que ses grosses pattes très puissantes peuvent en effrayer plus d’un ! Mais le plus étonnant est sa patte. Elle est constituée de trois doigts, et celui du milieu est terminé par une longue griffe (d’une douzaine de cm de longueur) aiguisée comme un poignard ! Vous l’avez compris, il est préférable d’éviter d’embêter un casoar, garde à son comportement agressif !  Ah oui, j’allais oublier, c’est le mâle qui se charge de la couvaison des œufs, qui sont de couleur verte en plus. C’est d’ailleurs durant cette période qu’il s’avère particulièrement irritable ! 


19) Le Moloch hérissé (Moloch horridus
Classe : Reptile
Ordre : Squamate
Famille : Agamidé
Les allures de ce reptile australien nous font penser à celui d'un Pokémon ! Cependant, contrairement aux apparences, ce lézard est totalement inoffensif, il se nourrit de fourmis, c'est dire ! Ses excroissances écailleuses (ressemblant à des épines) permettent juste de dissuader les éventuels prédateurs. Le Moloch est adapté à un milieu chaud et aride (le désert). A l'arrière de sa tête, se trouve une petite bosse graisseuse, abritant des réserves nutritives et aqueuses en cas de sécheresse extrême. De plus, à la surface de sa peau (plutôt épaisse) sont parsemés d'innombrables petits canaux qui retiennent l'humidité de l'air. Pas bête la bête...


18) Le requin-bouledogue (Carcharinus leucas)
Classe : Chondrychthyens
Sous-classe : Elasmobranche
Famille : Carcharinidé
Souvent mentionné dans les reportages animaliers, le requin-bouledogue est l'un des requins le plus dangereux du monde (avec le requin-tigre qui est bien moins trapu mais plus grand, jusqu'à 6 mètres !) et l'un des poissons-prédateurs les plus grands du monde (en moyenne 3,40 mètres !) ! Outre son corps massif, sa physiologie intéresse beaucoup. En effet, c'est l'une des seules espèces de requins euryhalines, c'est-à-dire qui supportent les changements bruts de salinité. Le requin-bouledogue peut ainsi vivre au large de l'océan et aussi remonter les rivières d'eau douce (même se retrouver dans des lacs !). Leurs branchies, entres autres, interviennent dans le phénomène d'osmorégulation (la régulation d'éléments hydrominéraux).



17) Le narval (Monodon monoceros)                    
Classe : Mammifère      
Ordre : Cétacé 
Famille : Monodontidé
Vous connaissez tous la licorne des mers. On lui doit ce surnom grâce à son surprenant sabre de trois mètres de long posé sur son encéphale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas une corne ou une défense, mais une dent ! C’est précisément le prolongement de sa canine supérieure gauche. Cette dent totalement torsadée (ce qui améliore l’hydrodynamisme) possède d’innombrables terminaisons nerveuses lui permettant de détecter la salinité de l’eau, la température ou les différences de pression (des facteurs externes clés dans la formation de la glace conditionnant alors la migration du narval). Et saviez-vous que cette « défense » en émail est flexible (et fragile) ! Mais sa véritable fonction fait toujours l’objet de débats dans la communauté scientifique. Est-elle un simple organe sensoriel, sert-elle à briser la glace, à chasser les poissons ?



16) Le « serpent pénis » (Atretochoana eiselti)
Classe : Amphibien        
Ordre Gymnophione                    
Famille : Typhlonectidé
En voilà un d’animal vraiment étrange ! Et détrompez-vous, ce n’est pas un poisson ! Ni un serpent, d’ailleurs ! Mais un Lissamphibien* ! Bon, j’avoue, il est appelé « serpent-pénis », du fait de sa flagrante ressemblance avec un chibre humain ! Cet animal aquatique ne possède pas de poumons, ni de branchies. Il pratiquerait alors la respiration cutanée : c’est-à-dire que les échanges gazeux se réalisent de part et d’autre de la peau. Ce qui explique les nombreux plissements de son épiderme : plus il y a de plis, plus la surface d’échanges augmente, plus les échanges gazeux sont favorisés (selon la loi de Fick* !). Vivant dans les eaux turbides de quelques cours d’eau du Brésil, la vue n’est quasiment pas nécessaire, le sens le plus développé chez l’Atretochoana serait l’odorat. Cependant, très peu d’individus de cette espèce ont été, à l’heure actuelle, dénombrés. Autant vous dire que le serpent-pénis nous cache moults mystères ! 



15) Le termite 
Classe : Insecte
Ordre : Blattoptère        
Les termites sont tellement fascinants ! Déjà, il faut être particulièrement badass pour se nourrir de bois, ce sont des xylophages ! Mais, ces insectes nous intriguent à tous les niveaux ! Déjà, éthologiquement, ils font preuve d’une intelligence collective hors du commun (à l’image des abeilles ou des fourmis) ! En fait, toute une colonie est organisée en castes : chacun des individus tient un rôle majeur dans la termitière. Les soldats défendent la colonie (certains parviennent même à libérer de l’acide contre leurs adversaires), les ouvriers creusent et nettoient les galeries, et les femelles reproductrices perpétuent les descendances. Au niveau écologique, les termites sont des espèces « clefs de voûte », ils participent à la minéralisation de la matière organique (des sortes de décomposeurs). D’ailleurs, ils bouffent tellement de bois et de terre qu’ils rejettent de grandes quantités de méthane (voir l’article « Sauvez la planète, mangez des termites ») ! Pollueurs ! Ce qui s’avère très badass est la hauteur que peuvent atteindre certaines termitières : de 2 à 3 mètre, même parfois 9 mètres ! Avouez, même l’être humain, proportionnellement, ne peut faire mieux. C’est comme si nous vivions tous dans des buildings d’un kilomètre de haut ! En fait, ces gros tas de boue ne sont pas seulement des gros tas de boue ! Cette architecture a été bien « pensée » et c’est pourquoi l’Homme s’en inspire aujourd’hui pour ses propres constructions ! La termitière est composée de deux parties : le dôme et le nid. Ils permettent un bon passage et une bonne évacuation de l’air. Eh oui, il faut bien que ce gros tas de terre respire ! De même que dans les poumons, les passages larges dans le dôme font circuler l’air par mouvements de masse. Alors que dans les passages plus étroits, au fond de la termitière, l’air circule par diffusion. Enfin, dernier élément badass, les termites cultivent des champignons de la famille des lépiotes. Ces derniers décomposent la cellulose contenue dans la matière organique, afin d’aider les termites qui ne peuvent la digérer. Bref, les termites sont trop ouf !



14) La lamproie               
Embranchement : Cordé             
Sous-embranchement : Vertébré           
Infra-embranchement : Agnathe             
Les lamproies sont des « poissons » sans mâchoire (d’où le nom « Agnathe », le « a » étant privatif et « gnathe » venant du grec "mâchoire"…), elles ont un disque rond buccal.  A l’état larvaire, elles sont filtreuses, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent des particules en suspension dans la masse d’eau. A l’état adulte, elles deviennent hématophages : elles se fixent sur la peau des autres poissons (à l’aide de leurs ventouses et de leurs petites dents) afin de leur aspirer le sang et parfois même peuvent racler voire transpercer leurs proies ! Ce sont des ectoparasites.             
Les lamproies marines restent en mer durant leur croissance puis reviennent en eau douce lors de la période de reproduction : ce sont des espèces anadromes. Seulement, pour passer d’un milieu salé à un milieu d’eau douce, les conditions physico-chimiques sont très différentes. Heureusement, les lamproies se smoltifient, c’est-à-dire qu’elles subissent des changements physiologiques, morphologiques ou anatomiques lors de la période de transition entre deux milieux.

Voici à quoi ressemble le disque rond buccal d'une lamproie, c'est beau. 


13) L’Ascidie rouge (Halocynthia papillosa)        
Embranchement : Cordé             
Sous-embranchement : Tunicier (Urocordé)      
Classe : Ascidiacé            
Oui, c’est un animal, marin ! L’ascidie rouge fait partie des Tuniciers (un des trois sous-embranchements des Cordés, en plus des Hémicordés et des Vertébrés !). On la reconnaît à sa tunique granuleuse et rouge ou oranger vif, dressée et solitaire. En fait, ce sont de microscopiques algues rouges qui vivent en symbiose avec elle et qui lui confèrent alors cette couleur. L’ascidie côtoie les milieux du pourtour méditerranéen et de l’Océan Atlantique qui sont à l’abri de la lumière (anfractuosités, grottes…) : c’est une espèce sciaphile. Comme nous, elle possède deux trous (mmh quelle élégance) : les siphons buccal et cloacal. L’eau entre dans l’organisme par l’orifice buccal, puis elle est filtrée par le pharynx pour ses particules alimentaires (cyanobactéries, planctons…) jusqu’à être évacuée par le siphon cloacal exhalant.            
Mais, l’organe qui m’intéresse le plus chez l’ascidie rouge (comme chez les autres ascidies), c’est son cœur ! En effet, celui-ci peut faire circuler le sang alternativement dans les deux sens ! Quelques battements font partir le sang d’un côté. Le cœur cesse. Puis, les battements reprennent et le sang repart dans le sens opposé au premier ! Cette fonction est toujours inconnue… Le fonctionnement de la pompe cardiaque ne reste pas le seul mystère chez ce Tunicier, qu’en est-il du vanadium ?! Le vanadium (et pas celui d'Eddy Malou) est un métal pur utilisé surtout dans les alliages. Pourtant, les ascidies contiendraient, dans leurs cellules sanguines, de fortes quantités de vanadium, pourtant toxique à faible dose. Pourquoi ? On ne sait toujours pas… Enfin, dernier élément totalement badass, la tunique qui habille l’ascidie est composée de molécules organiques et inorganiques telle que la tunicine appelée la « cellulose animale ». Eh oui, le seul spécimen du règne animal à fabriquer de la cellulose !           
Là encore, l’ascidie rouge n’a pas fini de nous surprendre….



12) Les méduses-boîtes              
Embranchement : Cnidaire         
Sous-embranchement : Médusozoaire
Classe : Cubozoaire (=Méduse-boîte)    
Les Cubozoaires constituent une classe de méduse, les plus dangereuses du monde. Sans doute même les animaux les plus venimeux du monde. So badass. Déjà, avant d’entrer dans les détails traumatiques, discutons de morpho-anatomie. Les Cubozoaires, contrairement aux vraies méduses (les Schyphozoaires) possèdent de vrais yeux ! Une cornée, une lentille, une rétine. Leur système nerveux est également plus développé, elles peuvent même, paraît-il, mémoriser (bon, ne rêve pas, elle ne retiendra pas le prénom que tu lui donnerais, y’a des limites…) ! Ces animaux effrayants sont composés de tentacules qui portent des cnidocytes. Ce sont des cellules urticantes qui contiennent un nématocyste, une sorte de harpon qui injecte du venin puissant dans la peau de la victime. Ces substances neurotoxiques, attaquent, comme convenu, le système nerveux de la proie. C’est en Australie que l’on trouve majoritairement ces méduses comme Chironex fleckeri qui a déjà causé la mort de 70 personnes en Australie… Mais, si je peux vous rassurer, toutes les Cubozoaires ne sont pas si dangereuses... 

Je vous conseille de ne pas caresser madame Chironex fleckeri...


11) Le ver gordien (Gordius aquaticus)
Embranchement : Nématomorphe        
Classe : Gordioidé          
Vous avez probablement déjà vu sur le net cette vidéo aux images répugnantes dans laquelle un long et fin ver se retire lentement du corps d’une mante religieuse sans défense. C’est un ver gordien, un endoparasite qui vit dans les rivières, ruisseaux, lacs etc… Il peut mesurer jusqu’à un mètre de long pour seulement 1 millimètre de diamètre. L’adulte pond ses œufs dans l’eau. Des larves en sortent et se réfugient dans le corps de l’hôte (un insecte, un poisson…) pour en faire de véritables « zombies ». En fait, elles affectent le système nerveux de leurs victimes pour les manipuler et les pousser au suicide en se jetant à l’eau !  C’est ici qu’elles vont se développer avant de ressortir, quelques jours plus tard, par l’anus pour terminer leurs cycles et se reproduire. Si ça ce n’est pas badass, alors jetez-moi la première pierre…

Sur cette image floue (j'en suis désolé), le ver gordien tente de s'extraire d'une pauvre sauterelle

               
C’est sur ces belles paroles que cet article se termine. Je vous ai présenté, je le répète de façon complètement personnelle, 10 animaux que je trouve fascinants ou étranges. Evidemment, ils n’occupent que les dix derniers rangs. Nous verrons les 10 animaux les plus badass la semaine prochaine ! De même, il existe bien plus d'animaux plus étranges ou atypiques, mais l'article serait devenu plus volumineux qu'une bible ! Enfin, je tiens à souligner que chacun des être vivants sur cette planète possède son propre caractère qui le distingue d'un autre. Donc, chacun d'eux est fascinant, qu'il soit banal ou plus rare dans la nature.
Merci et à bientôt les amis ! 

Lexique : 
- polysaccharide : en gros, c'est une chaîne de plusieurs sucres (les oses).
- histone : c'est une protéine qui s'agrippe à l'ADN et qui permet, entres autres, de le condenser.
- hétérotrophe : mode de nutrition d'un être-vivant qui consomme la matière organique et la transforme en matière minérale.
- Lissamphibien : seul groupe survivant de la classe des amphibiens. Donc, on devrait dire Lissamphibien plutôt qu'amphibien pour parler d'une grenouille...
- Loi de Fick : une loi physique qui dit, pour faire simple, que plus une surface d'échange est grande et que son épaisseur est faible, les flux de matières seront davantage favorisés. 

Sources des photos :
- http://www.ladepeche.fr/diaporama/les-animaux-les-plus-etranges-de-la-planete/1847217-sipa-rex40252820-000001.html

-http://roles67.skyrock.com/3296447264-Tatou-tronque-ou-Tatou-nain-d-Argentine-scientifiquement-chlamydophore.html
- http://www.sharkeducation.com/fiches-requins/requin-bouledogue/
- http://nicka-marie5801.blogspot.fr/2014/07/le-casoar-la-vie-des-animaux.html
- http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/narval/72671
- http://dailygeekshow.com/serpent-penis-amphibien/
- http://banishpestcontrol.com/termites-and-their-control/
- http://www.toolito.com/photo/lamproie/
- http://doris.ffessm.fr/Especes/Halocynthia-papillosa-Ascidie-rouge-317
-https://ericgranier84.wordpress.com/2015/08/12/nematomorpha-ou-vers-gordiens/


1 commentaire:

  1. article scientifique très riche en explications.tous ces spécimens" badass" sont fascinants....j'ai hâte de lire les 10 prochains .... pap's

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