mardi 6 septembre 2016

La Tortue d'Hermann (Testudo hermanni)

Cet été, je suis allé me balader dans le Massif des Maures, dans le Var, et je suis tombé sur l'animal le plus famous de ces lieux : la Tortue d'Hermann, la dernière tortue terrestre de France métropolitaine ! Je l'ai vue près d'un rocher, profitant du soleil matinal pour se réchauffer...Mais non, je plaisante ! Il est rare de rencontrer cette espèce de tortue dans ce beau massif granitique. Je suis tout simplement allé dans mon jardin, où j'en détiens quelques-unes. Rassurez-vous, je les possède bien avant que la loi de 1985, visant à interdire leur commerce, soit entrée en vigueur !
Bref, il fallait que je réalise un article sur ce reptile si emblématique du sud de la France (ainsi que sur la plupart du pourtour méditerranéen). Cependant, c'est à propos de Testudo hermanni hermanni dont je vais vous parler, une sous-espèce vivant en France, en Espagne et en Italie.

Jeune tortue d'Hermann des Maures (Testudo hermanni hermanni)

Pourquoi Hermann d'ailleurs ? Car le zoologiste français Jean Hermann détenait quelques spécimens dans son laboratoire, il lui a donc transmis son nom.

Je ne vais pas vous décrire avec détails à quoi ressemble cette tortue, mais attardons-nous davantage sur le dimorphisme sexuel de l'espèce, c'est-à-dire tous les caractères morphologiques qui distinguent le mâle de la femelle. Et c'est à l'âge adulte qu'on les différencie avec aisance. Voici quelques  caractéristiques flagrants permettant de les comparer :

1) Je ne veux pas créer de complexe d'infériorité pour vous, les gars, mais chez la tortue d'Hermann, c'est la femelle qui est plus imposante que le mâle (18 cm environ contre 15 cm).

A gauche, femelle. A droite, mâle.

2) Si vous retournez l'animal, vous vous apercevrez que le plastron (le dessous de la carapace) du mâle est concave alors que celui de la femelle est plat.

3) Ensuite, la queue du mâle est longue et épaisse alors que celle de la femelle est plutôt courte.

Arrière d'une femelle

4) Enfin, on constate que les écailles anales du mâle sont plus échancrées que celles de la femelle mais moins larges.

Il existe encore plein d'autres caractères permettant de les différencier !

Bon, si vous voulez partir à leur recherche, votre premier atout devrait être la patience ! (et bien sûr, évitez la période hivernale car la tortue hiverne). Renseignez-vous de plus du type d'habitat qu'elle fréquente selon les saisons. Par exemple, en été, la tortue d'Hermann cherche des zones plutôt fraîches et ombragées. En revanche, au printemps ou en automne,  elle fréquente les milieux plus ouverts où prédominent les sols herbacés.

Si vous avez la chance d'en croiser une, il est probable qu'elle thermorégule (en clair qu'elle se dore la carapace au soleil) car la tortue est un animal ectotherme, c'est-à-dire qu'elle dépend de la température extérieure (contrairement à vous et moi qui sommes endothermes maintenant notre température interne constante).

Avez-vous déjà entendu le cri aigu que produit la tortue mâle lors d'un accouplement ? C'est assez intrigant ! A partir de 12 ans, l'animal est mature sexuellement et peut donc se reproduire au début du printemps. Cependant, il arrive que les deux individus au sexe opposé ne se rencontrent pas, dans leur milieu naturel. Heureusement, la tortue a développé des moyens d'adaptation à cette situation : la femelle peut garder dans sa spermathèque le sperme du mâle pendant quelques années et ainsi pondre des œufs fécondés. La perpétuité de l'espèce est assurée. Les œufs écloront à la fin de l'été et laisseront place à des minuscules tortues mesurant à peine quelques centimètres !

Nouveau-né 

1 commentaire:

  1. Passionnant.on sait maintenant comment différencier le mâle de la femelle.de très belles photos. Gillou

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