dimanche 22 octobre 2017

La folle histoire du spermatozoïde

Si vous êtes là aujourd'hui, à lire cet article confortablement installé sur votre canapé, tout en prenant des kilos en bouffant des chips, cela signifie qu'il y a quelques années, le petit spermatozoïde que vous étiez  a gagné LA course sans merci. Enfin, je dis le spermatozoïde que vous étiez mais ce n'est pas tout à fait ça. Revenons depuis le début, explications !
Comme souvent radoté au lycée, le spermatozoïde est un gamète mâle, c’est-à-dire une cellule haploïde (ses chromosomes, support de l'ADN, sont tous présents en 1 seul exemplaire) spécialisée dans la reproduction. C’est lors de la fusion du gamète mâle avec le gamète femelle (l’ovule) que l’on aboutit à la formation d’un individu cette fois-ci diploïde (ses chromosomes sont présents en 2 exemplaires), c'est à dire vous, chers petits lecteurs.       
Attention, ne pas confondre le spermatozoïde et le sperme, ce dernier est constitué des spermatozoïdes mais surtout du liquide séminal (sécrété par les glandes annexes – prostate et vésicule séminale - et composé de nutriments, enzymes et fructose) permettant aux spermatozoïdes de « nager » jusqu’à l’ovule. 

D'ailleurs, pour nager jusqu'au Saint Graal (l'ovule) et réussir à le féconder, le spermatozoïde nécessite une structure bien particulière, divisée en 3 parties :
- La tête constituée :
o du noyau haploïde qui contient l’information génétique. L’ADN y est extrêmement condensé afin d’éviter tout endommagement qui serait fatal à la réussite de la fécondation.
de l'acrosome : une vésicule remplie d’enzymes hydrolysantes qui vont être utilisées dans la dégradation des multiples enveloppes entourant l’ovule. Quand toutes les enveloppes sont dégradées, la fusion entre le spermatozoïde et l’ovule a lieu, et la formation du zygote diploïde peut alors commencer.

-          La pièce intermédiaire comprenant :
o les mitochondries, des organites qui fabriquent l’énergie nécessaire (ATP*) à la motilité : on parle de spirale mitochondriale.
o les microtubules* dont les coulissements assurent la motilité du spermatozoïdes par de gracieuses ondulations. Le fait de se mouvoir est une différence fondamentale avec le gamète femelle qui, lui, est fixe et attend sagement l’arrivée de l’heureux élu.
-          Le flagelle, c'est le système de locomotion par ondulation.

Structure d'un spermatozoïde

La formation des spermatozoïdes, la spermatogenèse, est assurée par la méiose* et a lieu dans les testicules situés dans le scrotum (poche cutanée) qui les maintiennent à une température stable. En effet, la formation des spermatozoïdes est stimulée par le froid. Donc messieurs, quand le moment sera venu, prenez le temps de déposer un sachet de glaçons sur vos attributs, et au boulot !
Plus sérieusement, les testicules sont maintenus à une température favorable dans le scrotum puisque la température y est inférieure de 4-5°C à la température corporelle !                       
A noter que chez les organismes marins, les testicules se situent dans la cavité abdominale (pour favoriser l’hydrodynamisme).
Mais il doit faire bien chaud là-dedans me diriez-vous ! En fait, ils sont refroidis par un système de vascularisation à contre-courant : le sang artériel (qui se dirige vers les testicules) plus en profondeur, et donc plus chaud, se refroidit en cédant de la chaleur au sang veineux.            

Par ailleurs, les spermatozoïdes sont pauvres en réserves nutritives (contrairement aux gamètes femelles), leur fabrication coûte beaucoup moins chère et ils sont donc produits en grand nombre (50 à 100 millions de spermatozoïdes par mL de sperme chez l'Homme !), tout ceci pour compenser la perte de nombreux d’entre eux lors de la traversée du tractus génital féminin.

En effet, devant nager depuis le vagin où ils sont expulsés jusqu'aux ovaires situés aux extrémités des trompes de Fallope, autant dire que les spermatozoïdes ont de la route à faire. Malheureusement, durant ce périple, beaucoup de soldats meurent au combat puisqu’ils doivent faire face à de nombreux obstacles, les 4 phrases qui suivent pourraient très bien inspirer Spielberg pour son prochain film : 
  • Le pH vaginal acide peut brûler de nombreux spermatozoïdes
  • La glaire cervicale forme une maille dans laquelle les spermatozoïdes peuvent s’enchevêtrer
  • Nombreux sont ceux qui se perdent dans les multiples cryptes utérines. Eh oui, le jardin secret des femmes est un véritable labyrinthe ! 
  • La phagocytose par les leucocytes, des cellules spécialisées dans la détection et la destruction d'agents étrangers (car il ne faut pas l’oublier, le spermatozoïde est un corps étranger !)
Résultat de recherche d'images pour "chemin du spermatozoide"
Trajet des spermatozoïdes dans l'appareil génital femelle (ainsi que celui de l'ovule)
Finalement, seulement 1% des spermatozoïdes ayant entamé leur voyage arriveront à la cavité utérine !!
En réalité, ce n’est qu’une fois arrivés dans l’utérus que les spermatozoïdes acquièrent leur réel pouvoir fécondant : c’est la capacitation. Ce phénomène active l'hypermotilité du spermatozoïde (les cholestérols membranaires qui limitaient la fluidité sont supprimés), prépare la réaction acrosomique (les enzymes acrosomiales ne sont plus inhibées), et libère les sites de reconnaissance du spermatozoïde essentiels à sa fusion avec l'ovule.

Comme vous l’aurez compris, la vie d’un spermatozoïde n’est vraiment pas de tout repos. C'est un peu comparable à Indiana Jones qui doit faire face aux multiples obstacles qui l'attendent sur la piste de l'ovule de Cristal (bon je vous l'accorde, cette comparaison est un peu foireuse...).

Cependant, une autre forme de guerre existe entre spermatozoïdes. Cette-fois, ce n'est pas plusieurs spermatozoïdes d'un même individu qui s'affrontent mais plusieurs spermatozoïdes d'individus DIFFÉRENTS ! On parle de compétition spermatique.
Dans la nature, deux individus d'une même espèce se reproduisent afin de perpétuer une descendance viable. Logique. Mais, il arrive souvent que plusieurs mâles compètent, directement ou indirectement, pour une même femelle. Dans ce cas-là, il est évident qu'il existe des comportements masculins  avantageux amenant à ce que l'accouplement soit couronné d'un succès. Cependant, la tâche est complexe !
Déjà, se reproduire engendre un coût énergétique  : produire des gamètes, chercher et trouver la femelle, défoncer éventuellement d'autres mâles en chaleur... Bref, s'accoupler est très onéreux.
En plus de cela, se reproduire peut conduire à un risque de mort. En effet, lorsque tu te retrouves en plein ébat sexuel, tu es très vulnérable face aux prédateurs. Bref, s'accoupler est très dangereux.
Autant dire que lorsqu'un mâle parvint enfin à "pécho" une femelle, il vaut mieux pour lui que ce moment de sexe soit terminé par un succès, c'est-à-dire qu'il puisse produire enfin des descendants qui portent une partie de son patrimoine génétique. Pour cela, tous les moyens sont bons !
Sans trop rentrer dans les détails, au cours de l'évolution, certains spermatozoïdes ont acquis des caractères leur permettant de se distinguer d'autres spermatozoïdes et de maximiser les chances de féconder l'ovule.
Par exemple, la morphologie de certains spermatozoïdes a été modifiée. Ces cellules dites "anormales" sont de véritables kamikazes ! En effet, lors de l'éjaculation du mâle, ils ont pour objectif d'ouvrir le passage aux spermatozoïdes viables et rapides jusqu'à l'ovule en butant les spermatozoïdes d'un autre individu. Ils agissent en fait comme une ceinture de chasteté, on parle d'ailleurs de bouchon spermatique.

Voilà, j'espère que cet article vous a bien plu ! Je ne me suis pas trop penché sur la partie traitant de la compétition spermatique qui serait beaucoup trop dense. Vous l'aurez compris, ce sera le sujet d'un futur article !

Merci de votre lecture et à bientôt sur l'Odyssée Terrestre ! 

Le petit lexique :
- ATP (Adénosine TriPhosphate) : molécule nucléotidique essentielle dans le métabolisme des cellules.
- microtubule : grosse fibre du cytosquelette (=squelette de la cellule) nécessaire à la mise en place du mouvement du flagelle du spermatozoïde.
- méiose : processus de double division cellulaire dans le but de former les gamètes, les cellules spécialiées dans la reproduction. 

dimanche 15 octobre 2017

Top 20 des animaux les plus badass - Partie 2

La semaine dernière, j'ai entamé un top 20 complètement personnel des animaux les plus badass. Pour l'instant, j'ai nominé les 10 derniers métazoaires qui, avouez-le, vous en bouchaient un coin. Autant vous dire que les 10 suivants sont encore plus étranges, à mon goût ! D'ailleurs, avant de commencer cet article, je vous conseille de lire la première partie (cliquez ici) !
Bien, continuons avec la 10e place du classement, bonne lecture !

10) La petite Douve du foie (Dicrocoelium dendriticum)
Embranchement : Plathelminthe
Classe : Trématode
Ordre : Plagiochiirda

Je pense que ce ver parasite figurerait aussi dans le top des animaux les plus répugnants (enfin parmi tous ceux que je connais) ! En fait, ce n'est pas tellement sa morphologie si plate (comme la  Terre) (mais non je plaisante !) qui m'interpelle mais son cycle de vie peu commun. Je vais donc vous narrer sa douce histoire. La petite Douve du foie à l'état adulte se trouve dans le tube digestif d'un animal d'élevage (bovins, ovins). C'est dans ce milieu chaud et humide qu'elle pond quelques œufs. Ceux-là sont ensuite éliminés par l'anus de la bête en même temps que les matières fécales. Perdus dans la bouse au beau milieu d'une prairie, il est impératif qu'ils soient ingérés par un mollusque terrestre (comme l'escargot) s'ils veulent survivre. Les voilà à présent dans le tube digestif de l'escargot. C'est ici que les œufs éclosent. Les larves se développent peu à peu, jusqu'à tuer le mollusque. Elles en sortent barbouillées de mucus, puis sont ingérées par une fourmi. Ensuite, par un système encore mystérieux, les larves atteignent le système nerveux du pauvre insecte et l'obligent à se maintenir en-haut d'un brin d'herbe (on parle de manipulation parasitaire). Enfin, lorsqu'un mammifère brouteur passe par là, il ingère inéluctablement la fourmi et les larves de Douve. Celles-ci gagnent les canaux hépatiques dans lesquels elles atteignent le stade adulte. Et rebelote...


9) La baleine bleue (Balaenoptera musculus)
Classe : Mammifère
Ordre : Cétacé
Sous-ordre : Mysticète

Le plus grand animal jamais existé sur Terre (enfin, aucun fossile n'est encore parvenu à contredire cette hypothèse) ! La baleine bleue, encore appelée rorqual bleu, bat démesurément des records. Rien qu'à la naissance, le "petit" mesure environ 7 mètres. Au stade adulte, elle atteint la remarquable longueur de 30 mètres et un poids de 200 tonnes max !! En comparaison, c'est comme-ci vous aligniez 8 Renault twingo en terme de longueur ou que vous pesiez sur une balance 210 voitures du même modèle ! Badass. Sa bouche est composée de quelques 300 fanons d'un mètre de long chacun. Elle renferme une langue de 3 tonnes ! Autres chiffres impressionnants, son cœur est le plus gros du règne animal, 600 kg !! Son pénis aussi bat tous les records, plus de 2,5 mètres de long ! Paradoxalement, le cerveau de baleine n'est pas trop ample comparé au volume de son corps entier : seulement 6,8 kg (soit près de 0,5 % de l'organisme seulement)... Bref, toutes ces mensurations ont de quoi donner le vertige...


8) Le crabe des cocotiers (Birgus latro)
Embranchement : Arthropode
Classe : Malacostracé
Ordre : Décapode

Ses 30 cm de longueur et son mètre d'envergure font de lui le plus gros Arthropode terrestre. Contrairement à son nom, il fait partie de la famille des bernard-l'hermite. A l'état juvénile, il se réfugie dans la coquille d'un mollusque ou même dans la coquille brisée d'une noix de coco. En vieillissant, des couches de chitine se forment sur son abdomen, ce qui l'endurcit. Il n'a plus besoin de se protéger. Comme tous les Décapodes, il possède cinq paires de pattes dont la dernière est terminée par de larges pinces.
Cet animal rencontre un problème particulier puisqu'il possède des branchies et vit en milieu aérien ! En fait, ce sont des branchies rudimentaires. Pour assurer la fonction de respiration, il utilise un organe mi-poumon mi-branchie, que l'on nomme le poumon branchiostégal. Ce crustacé, pouvant s'éloigner du rivage sur 4 km, est obligé d'humidifier régulièrement ses branchies afin de favoriser la captation de l'oxygène. Son abdomen très rigide et épais permettrait probablement de minimiser les pertes hydriques. Enfin, au cours de l'évolution, le crabe des cocotiers a développé un organe de l'odorat, qui capte subtilement les molécules dans l'air : des sortes de sensilles comme chez les insectes. On parle de convergence évolutive !


7) Le ratel (Mellivora capensis)
Classe : Mammifère
Ordre : Carnivore
Famille : Mustélidé

Les adeptes de DirtyBiology qui ont lu le livre de Léo Grasset savent de quoi je parle. De la même famille que les mouffettes ou les blaireaux, le ratel est un animal d'un mètre de longueur doté d'innombrables armes évolutives badass ! Conseil : si vous en croisez un à l'état naturel, fuyez. Déjà, c'est l'un des rares mammifères (en plus de l'Homme) à pouvoir courir en arrière sans se casser la gueule. Cette démarche lui permet de tromper ses ennemis, parfois bien plus gros que lui ! Enfin... j'ai dit "ennemi" mais est-ce que le ratel en possède vraiment ?! Je ne pense pas, à moins que ce soit d'autres ratels ? 
J'ai vu des images sur lesquelles le ratel est attaqué par une meute de lycaons. Au lieu de fuir, le ratel fonce sur ses adversaires, la meilleure des défenses étant l'attaque. Rien ne l'arrête, pas même les lions, éléphants, serpents venimeux... Ses dents acérées et ses griffes de 4 cm en effraient bien plus d'un. Sa peau est très épaisse et peut résister aux venins des serpents les plus venimeux du monde. Un jour, un ratel s'est attaqué à une vipère heurtante (ça calme tout le monde). Il s'est battu, s'est fait mordre, l'a tuée puis a succombé à la morsure... Mais deux heures plus tard, le ratel s'est relevé puis a continué son repas, comme si rien ne s'était passé !!! Comment a-t-il résisté à son venin hyper puissant ?! Mais ce n'est pas tout, il est aussi connu pour ses attaques aux testicules des grands mammifères, pour les laisser se vider de leur sang. Bref, le ratel n'a rien à envier à Rambo ou à Chuck Norris !



6) L'ornithorynque (Ornithorhyncus anatinus)
Classe : Mammifère
Ordre : Monotrème
Famille : Ornithorhynchidae

Tout est badass chez l'ornithorynque ! L'orthographe de son nom, sa morphologie et son mode de vie ! Premièrement, ce petit mammifère australien pond étrangement des œufs, d'où son appartenance à l'ordre des Monotrèmes. Étymologiquement, "monotrème" signifie en latin "orifice unique", ces animaux possèdent qu'un seul trou nécessaire à la défécation, à l'excrétion et à la copulation.
Si on regarde l'apparence de cet animal, c'est laborieux : de la taille d'un chat, il possède un bec de canard soudé à un corps de loutre terminé par une queue de castor et des pattes palmées... Une vraie chimère ! Sa morphologie si étrange lui valut d'être confondu avec un faux animal fabriqué par un taxidermiste en guise de canular. Comme si un blagueur avait cousu un bec de canard sur un corps de castor... Faut les comprendre à l'époque... On rasait même le pauvre animal pour tenter de trouver les moindres coups de couture !
Sa façon de se déplacer sur terre étonne aussi, comparable à la démarche d'un lézard. En fait, il est l'un des rares mammifères à avoir ses membres disposés sur le côté du corps. Comme les Squamates, la ceinture scapulaire de l'ornithorynque est composée d'un os surnuméraire : l'interclavicule, un exemple anatomique permettant de le différencier d'autres mammifères.
Ces monotrèmes sont aussi les seuls mammifères à être doté d'un aiguillon venimeux situé au niveau des pattes postérieures des mâles (il est atrophié chez la femelle).
Autre chose qui propulse l'ornithorynque à l'apogée de la classe des Mammifères (selon moi), sa capacité à électrolocaliser des éléments de son environnement. En effet, il peut détecter le champ électrique produit par la contraction musculaire de ses proies ! Son bec est en fait parsemé d'électrorécepteurs, et aussi de mécanorécepteurs (sensibles au toucher).
Bref, je suis certain qu'il existe plein d'autres trucs cool à dire sur l'ornithorynque mais cet article prendrait des allures de roman.... Au suivant !


5) L'Hétérocéphale (Heterocephalus graber)
Classe : Mammifère
Ordre : Rongeur
Famille : Bathyergidé

En plus d'être l'un des animaux le plus moche du monde, il en est l'un des plus badass ! Ce rongeur, plus connu sous le nom de rat-taupe nu, de quelques dizaines de cm, vit en Afrique de l'Est,.. sous la terre : c'est un organisme fouisseur. Ses grosses incisives lui permettent de creuser de grandes galeries dans le sol. Ce mode de vie particulier a provoqué la perte des yeux (quasi inutiles dans l'obscurité), la réduction de l'oreille moyenne qui ressemble à un simple trou ainsi qu'une dépigmentation de la peau. L'ouïe et l'odorat sont ses deux sens les plus développés. 
Mise à part sa drôle de morphologie, c'est sa longévité et sa résistance face aux maladies cancéreuses qui étonnent, comme en témoignent quelques articles parus dans de nombreux, que dis-je, très nombreux journaux ! Il faut savoir que le rat-taupe nu vit environ une trentaine d'années contre seulement 3 ans pour la souris ! Comment expliquer cette différence de longévité ? D'après des études réalisées en 2013, les chercheurs ont remarqué la forte production d'acide hyaluronique dans la matrice extracellulaire de la peau de l'hétérocéphale, un composé la rendant élastique. L'agglutination de cette molécule dans la matrice empêcherait le rapprochement des cellules à devenir cancéreux. Mais, cette découverte a été remise en question lorsqu'en 2016, des biologistes ont constaté le développement de tumeurs chez des spécimens de rat-taupe nu...
Autre caractéristique assez ahurissante, les rat-taupes nus seraient insensibles à la douleur. En fait, ils ne synthétiseraient pas de neurotransmetteurs à la douleur. Ce fait est à mettre en relation avec son mode de vie fouisseur. La concentration en CO2 serait importante dans les galeries, ce qui engendrerait une acidose des tissus provoquant ainsi cette insensibilité.
Enfin, le comportement du rat-taupe est aussi surprenant. Ce rongeur est une espèce eusociale. C'est-à-dire que le groupe d'individus (pouvant atteindre quelques centaines de rats !) est organisé en castes fertiles (aptes à la reproduction) et non fertiles (ayant donc un rôle de soldat, ouvrier...). Un peu comme chez les abeilles finalement... Et ce que je trouve assez marrant, c'est la réaction de deux colonies qui se rencontrent nez à nez dans une galerie, elles finissent par se taper dessus jusqu'à ce que l'une des deux reines (fertiles) de chaque camp soit tuée ! Les perdants survivants exercent alors le rôle d'esclave dans la colonie victorieuse. Un cas assez unique chez les mammifères ! Les rat-taupes n'ont pas fini de nous épater ! 


4) Le Dipneuste (Dipnoi)
Sous-Embranchement : Vertébré
Super-classe : Ostéichtyen
Classe : Sarcoptérygien

Le Dipneuste fait partie des Ostéichtyens regroupant les organismes osseux (ce qui s'oppose aux animaux cartilagineux : les Chondrichtyens) et des Sarcoptérygiens (comprenez "à nageoire charnue"). Ces organismes, que certains pourraient qualifier de "poissons" (n'ayant aucune valeur en sciences*) ont la particularité de posséder des branchies ainsi que des poumons ! Ils sont appelés couramment "poissons pulmonés". Cette particularité anatomique s'expliquerait par le fait que ces animaux fréquentent deux types de milieux aux contraintes différentes. Les branchies lui permettant une respiration en milieu aquatique. Les poumons, dérivant de la vessie natatoire* lui sont très utiles lorsqu'ils sont à l'air libre. 
Mais pourquoi un poisson sortirait-il de l'eau ? Le Dipneuste vit dans des zones humides qui peuvent rapidement être affectées par la sécheresse provoquant un abaissement de la surface de l'eau de la rivière, voire un assèchement total ! Les Dipneustes peuvent alors se déplacer d'une zone à une autre (notamment dans la boue) pour tenter de rejoindre des zones plus humides. Certains Dipneustes, même, creusent un terrier dans la vase, produisent du mucus et s'enkystent durant toute la période sèche, évitant ainsi les risques de dessiccation (regardez cette vidéo, c'est assez surprenant). 
Mais comment pourraient-ils se déplacer avec des nageoires ? Comme je l'ai dit, ils appartiennent au groupe des organismes à nageoires charnues. Leur membre est attaché sur la ceinture scapulaire (c'est là où nos bras s'attachent) par un seul os : on dit que le membre est monobasal. Une structure similaire à celle des membres des Tétrapodes (le groupe auquel nous appartenons !). Bref, tout ça pour dire que nous sommes très apparentés aux Dipneustes !


3) L'axolotl (Ambystoma mexicanum)
Sous-Embranchement : Vertébré
Classe : Amphibien
Ordre : Urodèle

Du même groupe que celui des salamandres ou des tritons, l'axolotl reflète le parfait exemple d'adaptation au milieu de vie cavernicole. L'absence de lumière explique la dépigmentation de la peau chez certains individus (due à une absence de mélanine). Il existe d'ailleurs plusieurs formes d'axolotls dont la plus connue est leucistique (corps blanc et yeux noirs). Leurs branchies sont aussi surprenantes ! Elles sont très allongées afin de maximiser la surface d'échanges gazeux. En fait, l'axolotl passe toute sa vie à l'état larvaire (phénomène de néoténie), chez les autres urodèles, les adultes perdent leurs branchies.
Ensuite, ce qui a rendu cet animal célèbre dans notre société est sa capacité de régénération d'un membre amputé ! Si vous lui coupez une patte, une nouvelle se formera en quelques semaines ! Ce phénomène hors du commun est étudié minutieusement par les scientifiques dans le domaine médicinal, afin de tenter de régénérer les cellules d'un membre amputé humain ! 
Juste après l'ablation d'un organe, une épithélium lésionnel se forme au niveau de la coupure afin de protéger un amas de cellules indifférenciées (c'est-à-dire qui n'ont toujours pas de fonction, elles pourraient très bien être cerveau comme patte !) qu'on appelle bourgeon. Puis une étape de dédifférenciation se déroule pendant laquelle des fibroblastes (type de cellules) entraînent la régénération de plusieurs autres cellules. Celles-ci se divisent abondamment et retrouvent leurs rôles initiaux. Au bout de quelques semaine, le nouvel organe est formé ! Finalement, l'axolotl porte bien son nom : le "monstre des eaux" !



2) Les tardigrades

Infra-règne : Protostomien
Super-Embranchement : Ecdysozoaire
Embranchement : Tardigrada

Il y a eu tellement de publications folles sur les tardigrades, encore surnommés "oursons d'eau". On a bien raison de s'extasier devant ces petites bêtes tellement badass ! Ce sont des animaux extrêmophiles, comprenez qu'ils fréquentent des habitats aux conditions de vie rudement beaucoup amplement prodigieusement extraordinairement extrêmes. Je vais donc vous citer tous les facteurs, intolérables pour bon nombre d'organismes vivants sur Terre, auxquels résistent nos amis les indestructibles tardigrades. Ils peuvent en effet survivre à des températures très froides (-200°C), à la sécheresse, au manque de dioxygène, à des hautes pressions (comparables à celles de l'espace !), aux toxines. Ils peuvent même affronter les radiations ! Evidemment, chacune des 1000 espèces de tardigrades connues à ce jour tolèrent des environnements donc des contraintes différentes. Chacun a adopté des stratégies leur permettant d'affronter ces conditions extrêmes. Bref, une légende raconte que le tardigrade serait plus puissant que Dieu ! 



Attention, roulement de tambours. L'animal que je considère le plus badass est :

1) L'Humain (Homo sapiens)
Classe : Mammifère
Ordre : Primate
Famille : Hominidé

Non, je ne suis pas anthropocentriste et non, je ne cautionne pas toutes les actions entreprises par l'Homme depuis son émergence mais il faut avouer que l'espèce humaine est assez étonnante dans le règne animal. Nous sommes fascinants. 
D'un point de vue physique, l'humain est caractérisé par une bipédie parfaite (enfin, sauf à 1 an ou à 85 ans), c'est-à-dire l'aptitude à se tenir et se déplacer sur deux pattes. 
D'un point de vue cognitif, il est pourvu d'un volume cérébral important par rapport au reste de son corps (même si certains ne semblent pas avoir de cerveau). Ses capacités cognitives sont étroitement liées au développement marqué du néocortex (la couche externe des hémisphères cérébraux). 
Le succès évolutif de notre espèce s'expliquerait par le fait que nous soyons dotés d'une excellente mémoire et d'une bonne imagination. Nous comprenons le monde qui nous entoure et sommes capables d'en tirer les lois qui le régissent. De plus, nous sommes les seuls animaux dotés du langage articulé qui est transmis par apprentissage et à entretenir des relations sociales très complexes avec d'autres individus.
Bref, l'être humain est passionnant, mais je ne veux pas entrer dans les détails. Je rédigerai probablement d'ici peu un article sur l'évolution de notre lignée, vous verrez c'est très intéressant !



Voilà, j'espère que cette deuxième partie vous a plu ! Finalement, ce que l'on doit vraiment retenir est que chaque espèce recèle son propre secret, son propre trait évolutif qui la différencie d'une autre. Cependant, il est vrai que certains taxons sortent du lot et je voulais vous en présenter quelques-uns. Evidemment, je le répète, cette liste est complètement personnelle !
Merci de l'avoir lu et à bientôt sur l'Odyssée Terrestre !!


Lexique :
-vessie natatoire gazeuse : organe permettant au poisson de flotter, entre autres.
-Poisson : concernant l'usage du terme "poisson" en biologie, je vous laisse regarder cette vidéo intitulée "les poissons n'existent pas" de Bio Logique sur Youtube (en cliquant ici) qui explique parfaitement la dissonance du terme "poisson" en phylogénie.


Sources des photos :

-http://www.photodenature.fr/petite-douve-du-foie/

-https://www.youtube.com/watch?v=w2s4Cz9zTjQ
-http://planete.gaia.free.fr/animal/mammiferes/rat.taupe.html
-https://dailygeekshow.com/ornithorynque-mammifere-caracteristiques/
-http://biologicalsystemscourse.blogspot.fr/2014/09/the-honey-guide-and-ratel.html
-https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/la-poigne-impressionnante-des-crabes-de-cocotier_108496
-http://www.futura-sciences.com/planete/definitions/zoologie-dipneuste-9361/
-http://www.astronoo.com/fr/actualites/tardigrade.html
-http://kids.nationalgeographic.com/animals/mexican-axolotl/#mexican-axolotl-pink-red.jpg
-http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/francois-hollande/10285938/Francois-Hollandes-gormless-grin-has-France-in-hysterics.html

dimanche 1 octobre 2017

Top 20 des animaux les plus badass - Partie 1

En biologie et en écologie, un être vivant est un système vivant complexe, organisé et qui a subi une succession de variations (anatomiques, morphologiques, génétiques…) au cours de l’évolution. Il peut être constitué d’une ou plusieurs cellules vivantes qui sont la base du fonctionnement de l’organisme. Auparavant, la classification divisait le monde vivant en deux grands règnes : animal et végétal. Mais, où placer les champignons ? Les procaryotes ? …             
Actuellement, la classification distingue trois règnes :   
-les Archées : ce sont des êtres procaryotes qui vivent dans des milieux extrêmes (dans la glace, au fond d’un océan près des sources chaudes...). Phylogénétiquement, ils sont plus proches des Eucaryotes que des Eubactéries !            
-les Eubactéries : ce sont aussi des organismes procaryotes. La membrane plasmique est doublée d’une paroi à la fois protéique, lipidique et polysaccharidique*. Leur génome est constitué d’un unique chromosome circulaire, sans histones* et pourvu de plasmides (ce sont des molécules d’ADN qui se répliquent de façon autonome et qui sont composés de gènes de résistance aux antibiotiques). Il existe plein d’autres caractères propres aux Eubactéries mais là n’est pas le sujet.           
-les Eucaryotes : ce sont des organismes dont les cellules présentent un noyau et de nombreux autres organites intracellulaires (mitochondries pour la respiration métabolique, chloroplastes pour la photosynthèse, …) et qui ne possèdent pas d’ADN circulaire. C’est ce règne qui nous intéresse dans cet article et dans lequel se trouvent notamment la lignée verte (la majorité des végétaux, c’est-à-dire les êtres présentant des chloroplastes), les Eumycètes (ce sont les champignons) et, bien sûr, les Métazoaires (couramment appelés animaux) !   
Un animal est un organisme pluricellulaire dont les cellules ne possèdent pas de paroi (contrairement aux végétaux). Il est à la fois eucaryote, hétérotrophe* et capable de mouvements. Voilà les caractères principaux d’un chien, d’une méduse, d’un criquet, d’un concombre des mers ou bien d’un rouge-gorge !
Et ce que j’ai envie de vous présenter dans cet article (puis le suivant) est la liste de 20 animaux que je trouve particulièrement badass (comprenez : atypiques et puissants. A ne pas confondre bien sûr avec la badasse : une plante de nos régions appartenant à la famille des Fabacées !).            
Evidemment, cette liste d’animaux est totalement non exhaustive ! Je vais l’élaborer de l’animal le moins badass au plus badass !

20) Le casoar à casque (Casuarius casuarius)    
Classe : Aves (=Oiseau)
Ordre : Casuariiforme   
Famille : Casuariidé        
Aaah qui n’a jamais entendu parler du casoar ! Cette espèce d’oiseau indonésienne, qui ressemble étrangement à un vélociraptor, est l’une des espèces d’Aves la plus dangereuse du monde. En effet, son 1,80 m, sa tête fort colorée de bleu et de rouge ainsi que ses grosses pattes très puissantes peuvent en effrayer plus d’un ! Mais le plus étonnant est sa patte. Elle est constituée de trois doigts, et celui du milieu est terminé par une longue griffe (d’une douzaine de cm de longueur) aiguisée comme un poignard ! Vous l’avez compris, il est préférable d’éviter d’embêter un casoar, garde à son comportement agressif !  Ah oui, j’allais oublier, c’est le mâle qui se charge de la couvaison des œufs, qui sont de couleur verte en plus. C’est d’ailleurs durant cette période qu’il s’avère particulièrement irritable ! 


19) Le Moloch hérissé (Moloch horridus
Classe : Reptile
Ordre : Squamate
Famille : Agamidé
Les allures de ce reptile australien nous font penser à celui d'un Pokémon ! Cependant, contrairement aux apparences, ce lézard est totalement inoffensif, il se nourrit de fourmis, c'est dire ! Ses excroissances écailleuses (ressemblant à des épines) permettent juste de dissuader les éventuels prédateurs. Le Moloch est adapté à un milieu chaud et aride (le désert). A l'arrière de sa tête, se trouve une petite bosse graisseuse, abritant des réserves nutritives et aqueuses en cas de sécheresse extrême. De plus, à la surface de sa peau (plutôt épaisse) sont parsemés d'innombrables petits canaux qui retiennent l'humidité de l'air. Pas bête la bête...


18) Le requin-bouledogue (Carcharinus leucas)
Classe : Chondrychthyens
Sous-classe : Elasmobranche
Famille : Carcharinidé
Souvent mentionné dans les reportages animaliers, le requin-bouledogue est l'un des requins le plus dangereux du monde (avec le requin-tigre qui est bien moins trapu mais plus grand, jusqu'à 6 mètres !) et l'un des poissons-prédateurs les plus grands du monde (en moyenne 3,40 mètres !) ! Outre son corps massif, sa physiologie intéresse beaucoup. En effet, c'est l'une des seules espèces de requins euryhalines, c'est-à-dire qui supportent les changements bruts de salinité. Le requin-bouledogue peut ainsi vivre au large de l'océan et aussi remonter les rivières d'eau douce (même se retrouver dans des lacs !). Leurs branchies, entres autres, interviennent dans le phénomène d'osmorégulation (la régulation d'éléments hydrominéraux).



17) Le narval (Monodon monoceros)                    
Classe : Mammifère      
Ordre : Cétacé 
Famille : Monodontidé
Vous connaissez tous la licorne des mers. On lui doit ce surnom grâce à son surprenant sabre de trois mètres de long posé sur son encéphale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas une corne ou une défense, mais une dent ! C’est précisément le prolongement de sa canine supérieure gauche. Cette dent totalement torsadée (ce qui améliore l’hydrodynamisme) possède d’innombrables terminaisons nerveuses lui permettant de détecter la salinité de l’eau, la température ou les différences de pression (des facteurs externes clés dans la formation de la glace conditionnant alors la migration du narval). Et saviez-vous que cette « défense » en émail est flexible (et fragile) ! Mais sa véritable fonction fait toujours l’objet de débats dans la communauté scientifique. Est-elle un simple organe sensoriel, sert-elle à briser la glace, à chasser les poissons ?



16) Le « serpent pénis » (Atretochoana eiselti)
Classe : Amphibien        
Ordre Gymnophione                    
Famille : Typhlonectidé
En voilà un d’animal vraiment étrange ! Et détrompez-vous, ce n’est pas un poisson ! Ni un serpent, d’ailleurs ! Mais un Lissamphibien* ! Bon, j’avoue, il est appelé « serpent-pénis », du fait de sa flagrante ressemblance avec un chibre humain ! Cet animal aquatique ne possède pas de poumons, ni de branchies. Il pratiquerait alors la respiration cutanée : c’est-à-dire que les échanges gazeux se réalisent de part et d’autre de la peau. Ce qui explique les nombreux plissements de son épiderme : plus il y a de plis, plus la surface d’échanges augmente, plus les échanges gazeux sont favorisés (selon la loi de Fick* !). Vivant dans les eaux turbides de quelques cours d’eau du Brésil, la vue n’est quasiment pas nécessaire, le sens le plus développé chez l’Atretochoana serait l’odorat. Cependant, très peu d’individus de cette espèce ont été, à l’heure actuelle, dénombrés. Autant vous dire que le serpent-pénis nous cache moults mystères ! 



15) Le termite 
Classe : Insecte
Ordre : Blattoptère        
Les termites sont tellement fascinants ! Déjà, il faut être particulièrement badass pour se nourrir de bois, ce sont des xylophages ! Mais, ces insectes nous intriguent à tous les niveaux ! Déjà, éthologiquement, ils font preuve d’une intelligence collective hors du commun (à l’image des abeilles ou des fourmis) ! En fait, toute une colonie est organisée en castes : chacun des individus tient un rôle majeur dans la termitière. Les soldats défendent la colonie (certains parviennent même à libérer de l’acide contre leurs adversaires), les ouvriers creusent et nettoient les galeries, et les femelles reproductrices perpétuent les descendances. Au niveau écologique, les termites sont des espèces « clefs de voûte », ils participent à la minéralisation de la matière organique (des sortes de décomposeurs). D’ailleurs, ils bouffent tellement de bois et de terre qu’ils rejettent de grandes quantités de méthane (voir l’article « Sauvez la planète, mangez des termites ») ! Pollueurs ! Ce qui s’avère très badass est la hauteur que peuvent atteindre certaines termitières : de 2 à 3 mètre, même parfois 9 mètres ! Avouez, même l’être humain, proportionnellement, ne peut faire mieux. C’est comme si nous vivions tous dans des buildings d’un kilomètre de haut ! En fait, ces gros tas de boue ne sont pas seulement des gros tas de boue ! Cette architecture a été bien « pensée » et c’est pourquoi l’Homme s’en inspire aujourd’hui pour ses propres constructions ! La termitière est composée de deux parties : le dôme et le nid. Ils permettent un bon passage et une bonne évacuation de l’air. Eh oui, il faut bien que ce gros tas de terre respire ! De même que dans les poumons, les passages larges dans le dôme font circuler l’air par mouvements de masse. Alors que dans les passages plus étroits, au fond de la termitière, l’air circule par diffusion. Enfin, dernier élément badass, les termites cultivent des champignons de la famille des lépiotes. Ces derniers décomposent la cellulose contenue dans la matière organique, afin d’aider les termites qui ne peuvent la digérer. Bref, les termites sont trop ouf !



14) La lamproie               
Embranchement : Cordé             
Sous-embranchement : Vertébré           
Infra-embranchement : Agnathe             
Les lamproies sont des « poissons » sans mâchoire (d’où le nom « Agnathe », le « a » étant privatif et « gnathe » venant du grec "mâchoire"…), elles ont un disque rond buccal.  A l’état larvaire, elles sont filtreuses, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent des particules en suspension dans la masse d’eau. A l’état adulte, elles deviennent hématophages : elles se fixent sur la peau des autres poissons (à l’aide de leurs ventouses et de leurs petites dents) afin de leur aspirer le sang et parfois même peuvent racler voire transpercer leurs proies ! Ce sont des ectoparasites.             
Les lamproies marines restent en mer durant leur croissance puis reviennent en eau douce lors de la période de reproduction : ce sont des espèces anadromes. Seulement, pour passer d’un milieu salé à un milieu d’eau douce, les conditions physico-chimiques sont très différentes. Heureusement, les lamproies se smoltifient, c’est-à-dire qu’elles subissent des changements physiologiques, morphologiques ou anatomiques lors de la période de transition entre deux milieux.

Voici à quoi ressemble le disque rond buccal d'une lamproie, c'est beau. 


13) L’Ascidie rouge (Halocynthia papillosa)        
Embranchement : Cordé             
Sous-embranchement : Tunicier (Urocordé)      
Classe : Ascidiacé            
Oui, c’est un animal, marin ! L’ascidie rouge fait partie des Tuniciers (un des trois sous-embranchements des Cordés, en plus des Hémicordés et des Vertébrés !). On la reconnaît à sa tunique granuleuse et rouge ou oranger vif, dressée et solitaire. En fait, ce sont de microscopiques algues rouges qui vivent en symbiose avec elle et qui lui confèrent alors cette couleur. L’ascidie côtoie les milieux du pourtour méditerranéen et de l’Océan Atlantique qui sont à l’abri de la lumière (anfractuosités, grottes…) : c’est une espèce sciaphile. Comme nous, elle possède deux trous (mmh quelle élégance) : les siphons buccal et cloacal. L’eau entre dans l’organisme par l’orifice buccal, puis elle est filtrée par le pharynx pour ses particules alimentaires (cyanobactéries, planctons…) jusqu’à être évacuée par le siphon cloacal exhalant.            
Mais, l’organe qui m’intéresse le plus chez l’ascidie rouge (comme chez les autres ascidies), c’est son cœur ! En effet, celui-ci peut faire circuler le sang alternativement dans les deux sens ! Quelques battements font partir le sang d’un côté. Le cœur cesse. Puis, les battements reprennent et le sang repart dans le sens opposé au premier ! Cette fonction est toujours inconnue… Le fonctionnement de la pompe cardiaque ne reste pas le seul mystère chez ce Tunicier, qu’en est-il du vanadium ?! Le vanadium (et pas celui d'Eddy Malou) est un métal pur utilisé surtout dans les alliages. Pourtant, les ascidies contiendraient, dans leurs cellules sanguines, de fortes quantités de vanadium, pourtant toxique à faible dose. Pourquoi ? On ne sait toujours pas… Enfin, dernier élément totalement badass, la tunique qui habille l’ascidie est composée de molécules organiques et inorganiques telle que la tunicine appelée la « cellulose animale ». Eh oui, le seul spécimen du règne animal à fabriquer de la cellulose !           
Là encore, l’ascidie rouge n’a pas fini de nous surprendre….



12) Les méduses-boîtes              
Embranchement : Cnidaire         
Sous-embranchement : Médusozoaire
Classe : Cubozoaire (=Méduse-boîte)    
Les Cubozoaires constituent une classe de méduse, les plus dangereuses du monde. Sans doute même les animaux les plus venimeux du monde. So badass. Déjà, avant d’entrer dans les détails traumatiques, discutons de morpho-anatomie. Les Cubozoaires, contrairement aux vraies méduses (les Schyphozoaires) possèdent de vrais yeux ! Une cornée, une lentille, une rétine. Leur système nerveux est également plus développé, elles peuvent même, paraît-il, mémoriser (bon, ne rêve pas, elle ne retiendra pas le prénom que tu lui donnerais, y’a des limites…) ! Ces animaux effrayants sont composés de tentacules qui portent des cnidocytes. Ce sont des cellules urticantes qui contiennent un nématocyste, une sorte de harpon qui injecte du venin puissant dans la peau de la victime. Ces substances neurotoxiques, attaquent, comme convenu, le système nerveux de la proie. C’est en Australie que l’on trouve majoritairement ces méduses comme Chironex fleckeri qui a déjà causé la mort de 70 personnes en Australie… Mais, si je peux vous rassurer, toutes les Cubozoaires ne sont pas si dangereuses... 

Je vous conseille de ne pas caresser madame Chironex fleckeri...


11) Le ver gordien (Gordius aquaticus)
Embranchement : Nématomorphe        
Classe : Gordioidé          
Vous avez probablement déjà vu sur le net cette vidéo aux images répugnantes dans laquelle un long et fin ver se retire lentement du corps d’une mante religieuse sans défense. C’est un ver gordien, un endoparasite qui vit dans les rivières, ruisseaux, lacs etc… Il peut mesurer jusqu’à un mètre de long pour seulement 1 millimètre de diamètre. L’adulte pond ses œufs dans l’eau. Des larves en sortent et se réfugient dans le corps de l’hôte (un insecte, un poisson…) pour en faire de véritables « zombies ». En fait, elles affectent le système nerveux de leurs victimes pour les manipuler et les pousser au suicide en se jetant à l’eau !  C’est ici qu’elles vont se développer avant de ressortir, quelques jours plus tard, par l’anus pour terminer leurs cycles et se reproduire. Si ça ce n’est pas badass, alors jetez-moi la première pierre…

Sur cette image floue (j'en suis désolé), le ver gordien tente de s'extraire d'une pauvre sauterelle

               
C’est sur ces belles paroles que cet article se termine. Je vous ai présenté, je le répète de façon complètement personnelle, 10 animaux que je trouve fascinants ou étranges. Evidemment, ils n’occupent que les dix derniers rangs. Nous verrons les 10 animaux les plus badass la semaine prochaine ! De même, il existe bien plus d'animaux plus étranges ou atypiques, mais l'article serait devenu plus volumineux qu'une bible ! Enfin, je tiens à souligner que chacun des être vivants sur cette planète possède son propre caractère qui le distingue d'un autre. Donc, chacun d'eux est fascinant, qu'il soit banal ou plus rare dans la nature.
Merci et à bientôt les amis ! 

Lexique : 
- polysaccharide : en gros, c'est une chaîne de plusieurs sucres (les oses).
- histone : c'est une protéine qui s'agrippe à l'ADN et qui permet, entres autres, de le condenser.
- hétérotrophe : mode de nutrition d'un être-vivant qui consomme la matière organique et la transforme en matière minérale.
- Lissamphibien : seul groupe survivant de la classe des amphibiens. Donc, on devrait dire Lissamphibien plutôt qu'amphibien pour parler d'une grenouille...
- Loi de Fick : une loi physique qui dit, pour faire simple, que plus une surface d'échange est grande et que son épaisseur est faible, les flux de matières seront davantage favorisés. 

Sources des photos :
- http://www.ladepeche.fr/diaporama/les-animaux-les-plus-etranges-de-la-planete/1847217-sipa-rex40252820-000001.html

-http://roles67.skyrock.com/3296447264-Tatou-tronque-ou-Tatou-nain-d-Argentine-scientifiquement-chlamydophore.html
- http://www.sharkeducation.com/fiches-requins/requin-bouledogue/
- http://nicka-marie5801.blogspot.fr/2014/07/le-casoar-la-vie-des-animaux.html
- http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/narval/72671
- http://dailygeekshow.com/serpent-penis-amphibien/
- http://banishpestcontrol.com/termites-and-their-control/
- http://www.toolito.com/photo/lamproie/
- http://doris.ffessm.fr/Especes/Halocynthia-papillosa-Ascidie-rouge-317
-https://ericgranier84.wordpress.com/2015/08/12/nematomorpha-ou-vers-gordiens/