lundi 29 août 2016

La Marmotte des Alpes (Marmota marmota)

Cet été, nous avons passé quatre semaines de nos vacances dans différents endroits des Alpes, de quoi faire plein de photos et se ressourcer.

Et comme vous pouvez le remarquer souvent à chaque randonnée, les sifflements stridents répétitifs des Marmottes des  Alpes ne passent pas inaperçus. 
On les rencontre dans les plaines montagnardes, de 800 à 3000 mètres d'altitude, dans la majorité des Alpes. Elle a été aussi réintroduite dans les Pyrénées et le Massif Central.




Le nom de ce petit rongeur signifie en latin "Souris de la Montagne". Et comme beaucoup d'animaux de la montagne, elle hiberne d'Octobre à Avril, son métabolisme fonctionnant au ralenti. Par exemple, son coeur passe de 160 à 45 pulsations par minute. Heureusement, ses couches de graisses emmagasinées pendant la belle saison lui permettront de survivre durant l'hiver.



Comme tous les rongeurs et lagomorphes (les lapins et les lièvres), les marmottes sont caecotrophes, c'est-à-dire qu'elles ingèrent leuts excréments mous (berk) afin de récupérer les nutriments et micro-organismes qu'ils contiennent (en fait, c'est comparable à la rumination chez la vache ! ).
Explication !! D'un point de vue anatomique, le caecum (une poche de l'appareil digestif) reçoit tous les éléments difficilement digérés (comme la cellulose présente dans les végétaux) par les enzymes intestinales. Ce sont donc les bactéries qu'il contient qui les décomposeront. Les matières caecotrophes formées sont ensuite envoyées dans le côlon, évacuées sous-forme de fèces puis ré-ingurgitées afin d'absorber le maximum de nutriments à présent assimilables dans l'intestin (comme la vitamine B). 




Certaines marmottes sont difficilement photographiées. A la moindre approche d'un Homo Sapiens sapiens, elles déguerpissent rapidement dans leurs terriers. Cependant, ce jour-là, celles que nous avons approchées étaient vraiment peu farouches et assez coopératives avec nous devant l'appareil photo !  Ce qui nous a permis de réaliser de jolis clichés ! 

A noter que ces photos ont été prises sur le plateau de Dormillouse proche de Seyne-les-Alpes (04). 


mercredi 24 août 2016

Le Vautour Fauve (Gyps fulvus)

Enfin un rapace, me diriez-vous ! Les articles portant sur les oiseaux seront moins fréquents que ceux portant sur d'autres classes, car je ne possède qu'un objectif macro, inadapté à la prise en photo d'un objet éloigné (comme un piaf volant dans le ciel. 
Bref, fin Juin 2016, alors que nous partions à la recherche de la Vipère d'Orsini et du Criquet-Hérisson sur le plateau de Calern, nous avons eu l'opportunité d'observer un ballet de plusieurs vautours fauves au-dessus de nos têtes. Ils volaient à basse altitude, en dessinant des cercles dans le ciel. Sans plus attendre, je pris mon appareil photo et tentais de figer ce moment ! 
Ce rapace, appartenant à la famille des Accipitridés, est reconnaissable par son plumage brun et sa petite tête et collerette habillées d'un duvet blanchâtre. De plus, ses rémiges (les plumes rigides de son aile) sont plus brun-foncé noires
Il est plus probable de rencontrer cette espèce plutôt que son cousin le Vautour Moine (Aegypius monachus) qui , lui, est souvent plus imposant (envergure : 250-295 cm contre 200-280 cm).




A l'âge adulte, lorsqu'un membre de la colonie aperçoit une charogne, il alerte à l'aide d'un cri strident ses congénères. On dit qu'ils sont nécrophages. Et même chez les vautours, on peut trouver des traces de romantisme : les couples se forment à vie :)

Si vous passez dans le Var, faites un petit détour dans les gorges du Verdon, vous risquerez de croiser quelques individus en grandes orbes (vol en cercle dans le ciel). En effet, ces oiseaux vivent dans des milieux ouverts en altitude, au relief escarpé (comme les falaises), et au climat chaud et ensoleillé. 
Le Vautour Fauve est également présent dans la majeure partie de l'Asie (excepté l'extrême Sud-est et le Japon), au Nord de l'Afrique et dans une bonne partie de l'Europe. 


Le Criquet-Hérisson (Prionotropis hystrix azami)

Il existe trois sous-espèces en Europe dont deux présentes dans le sud-est de la France : Prionotropis
rhodanica dans les Bouches-du-Rhône et Prionotropis hystrix azami dans les Alpes-Maritimes et le Verdon. Ceci dit, fin Juin 2016, sur le plateau de Calern (à 1300 mètres d'altitude environ), dans ce milieu couvert d'une pelouse sèche et rocailleuse, se trouve une population conséquente de Prionotropis hystrix azami. En compagnie de plusieurs profs et naturalistes, nous avons marché à travers les nombreuses dolines présentes sur ce relief calcaire, sous un soleil de plomb, pour tenter de débusquer ce gros insecte. Ce dernier a l'habitude de se dorer la pilule, selon mon prof. Chose dite, chose confirmée. Peu avant midi, nous avons observé un criquet-hérisson mâle sur un rocher en train de bronzer, puis à un pas de là, une femelle, et encore un mâle, et une femelle, ainsi de suite... Une colonie entière se trouvait dans un petit périmètre, entre lavandes, thyms et romarins.


Vous vous demandez sans doute : comment distinguons-nous le mâle de la femelle ? Hé bien, la réponse est très simple ! Le dimorphisme sexuel chez cette espèce de criquet est assez important. Au niveau morphologique, le mâle est plutôt de couleur orange alors que la femelle est de couleur grisâtre. De plus, la femelle est plus grosse que le mâle, jusqu'à 10 mm de différence environ.


Vue dorsale d'un criquet mâle



Vue dorsale d'un criquet femelle


D'ailleurs, pourquoi "Hérisson" ? Ce nom composé est dû aux nombreuses aspérités qui ornementent sa parure et qui rappellent les piquants de ce petit mammifère.
Bref, encore une fois, nous avons été chanceux, d'autant plus que le criquet-hérisson se fond dans son milieu naturel (on parle d'homochromie), ce qui complique les recherches de cette espèce protégée.


Je suis heureux d'avoir partagé avec vous ces quelques photos de cet arthropode qui reste tout de même intrigant. Alors, si vous désirez le traquer, soyez discrets, persévérants et allez-y au début de l'été !



lundi 22 août 2016

La vipère d'Orsini (Vipera ursinii)

Fin Juin 2016, des amis, des naturalistes, des profs et moi sommes partis sur le magnifique plateau de Calern, une zone calcaire au modelé karstique, et très aride, parsemée de petits buissons, dans les Alpes-Maritimes. Un habitat propice à la Vipère d'Orsini : une espèce de serpent rare en France, occupant des zones assez localisées (pour info, on la trouve aussi en Europe de l'Ouest, et au Moyen-Orient). Brièvement, pour la décrire, elle est assez brune, possédant un corps trapu, un long zig-zag sur le dos, des pupilles verticales et une tête peu triangulaire comme certaines vipères (exemple, la vipère aspic). 
Vue dorsale de Vipera ursinii

Mon prof me disait qu'elle était surtout active à l'aube et au crépuscule. Contrairement à cette idée reçue, nous l'avons aperçue avec surprise en début d'après-midi. J'étais fasciné, il faut dire que c'est la plus petite vipère d'Europe et elle est difficilement observable. Nous avons donc été veinards !
Un des gars du groupe l'a attrapée, ses mains couvertes de gants, et nous l'a présentée.
Mais pas de panique ! Ce squamate d'une quarantaine de centimètres n'est pas dangereux pour l'homme, son venin permet seulement de paralyser les insectes, dont il se nourrit essentiellement.

Pupille verticale de Vipera ursinii
Venons-en donc à sa gueule. "Sa gueule, qu'est-ce qu'elle a sa gueule ?!" Hé bien, elle est très impressionnante ! Sachez que ce sont les glandes parotides qui sécrètent ces vilaines substances et sont connectées à ces crocs. Si un criquet a la malchance de croiser son chemin, la vipère lui injecte son venin dans la cuticule, et le paralyse.

Tête de Vipera ursinii
Par ailleurs, elle possède de nombreux prédateurs comme la redoutable circaète Jean-le-Blanc qui se nourrit principalement de reptiles. Mais ce jour-là, ce sont des vautours fauves provenant des gorges du Verdon que nous avons pus observer. 

Vous pourrez également consulter l'article sur le criquet-hérisson (Prionotropis hystrix azami), que nous avons observé le même jour sur le plateau de Calern.

Présentation

Bonjour à tous et bienvenue sur L'Odyssée Terrestre !
Avant de commencer, une petite présentation s'impose.


Qui sommes-nous ?



Là, c'est nous ; Aurélien et Manon. Amoureux de la nature et amoureux tout court. Anciens étudiants en prépa BCPST (en fait, un nom barbare juste pour dire qu'on étudie toutes les sciences dont la biologie en particulier...), nous nous sommes maintenant dirigés vers une nouvelle épopée fantastique : la Faculté de Sciences parcours Biologie des Organismes et des Écosystèmes (ouais ça fait classe !).
Moi, Manon, je suis née et vis à Nice, éternelle ville de mon cœur.
Et moi, Auré, je suis né à Hyères (la plus belle ville de la Côte d'Azur, que Manon soit en désaccord ou non) et je suis venu coloniser Nice pour poursuivre mes études.
A présent, nous continuons notre parcours en Occitanie, à Montpellier ! 
Nous avons décidé de créer ce blog afin de partager nos passions.  

Sur quoi porte L'Odyssée Terrestre ?


Du printemps à la fin de l'été, nous effectuons souvent des petites sorties naturalistes. Nous partagerons donc les nombreuses photos d'animaux, végétaux que nous prenons, dans l'ultime but de vous divertir tout en vous cultivant ! 
Mais c'est pas tout ! Nous mettrons aussi en ligne quelques photos de paysages et villes que nous visitons (principalement le Sud de notre magnifique, que dire, notre cher et tendre pays de notre enfance : la France évidemment !!).
Bien sûr, chaque photo sera accompagnée de sa description et de quelques connaissances à son propos. 
De plus, nous partagerons des articles que nous avons écrits, des articles vulgarisant la biologie, traitant différents thèmes pouvant être tantôt basiques tantôt recherchés. On espère vous apprendre plein de choses !    


Bonne visite à tous, et n'hésitez pas à nous dire ce que vous pensez par commentaire !